Une petite histoire du chocolat suisse

Les Suisses ont leur réputation dans la finance, dans l’horlogerie mais aussi dans le chocolat.

C’est une certitude que la fondue suisse n’atteint pas l’excellence et le prestige de la gastronomie française. On n’ira pas non plus se risquer à mettre le vignoble suisse au même niveau que celui de son voisin…

Pour autant, les helvètes n’ont pas dit leur dernier mot. En matière de chocolat, les Suisses sont loin devant leurs homologues et ça fait presque deux siècles que ça dure.

Pourtant, au début de l’histoire du chocolat européen, la Suisse accuse le coup.

Les protestants majoritaires et influents à l’époque parviennent à faire interdire le cacao alors importé d’Amérique.

Motif ? Les vertus aphrodisiaques que l’on prête aux fèves du cacaoyer sont en profonde contradiction avec la morale religieuse.

Les Italiens, les Belges et les Français se révèlent très vite être des amateurs de « chocolat ». Rappelons toutefois que le chocolat du 15ème siècle n’est pas le chocolat que l’on connaît aujourd’hui.

Avant le 17ème siècle, le cacao était consommé sous forme liquide mélangé à de l’eau et des épices.

Et puis, c’était un produit cher auquel le peuple n’avait pas accès. Le chocolat était apprécié certes mais uniquement chez les aristocrates.

La fin du 18ème siècle signe la délivrance pour les Suisses avec une première chocolaterie qui ouvre à Berne dans les années 1790. C’est à cette date que la légende du chocolat suisse prend forme.

L’innovation et l’entrepreneuriat comme principaux moteurs

Les deux principaux facteurs qui ont permis aux helvètes de prendre les devants sont l’innovation et l’esprit d’entreprendre.

Avec des chocolatiers et entrepreneurs de talent comme Rodolphe Lindt, Daniel Peter, Henri Nestlé ou encore François-Louis Cailler, l’industrie du chocolat prend une nouvelle tournure.

Les pionniers du chocolat suisse réussissent à industrialiser leur production, à produire un chocolat sous forme solide et enfin à l’exporter. L’invention du chocolat au lait ne fera que renforcer cette domination qui perdure encore aujourd’hui.

Entre industrie et artisanat

Nous avons tous en tête les grandes marques de chocolat suisse comme Lindt, Cailler, Villars, Suchard, etc.

Mais ce serait une erreur de résumer le chocolat suisse à ses marques industrielles ! Le pays compte de nombreux maîtres-chocolatiers qui travaillent le chocolat de manière artisanale.

Par exemple, les boulangeries et pâtisseries genevoises proposent du chocolat suisse mais uniquement du chocolat artisanal ! Bien plus qu’un simple produit, le chocolat est un symbole culturel.

Dernier exemple en date, le Rallye du chocolat à Genève en octobre 2017 qui était l’occasion pour les Genevois de visiter les chocolateries et confiseries de leur ville.

La Suisse est le premier pays dévoreur de chocolat ! Un habitant en consomme près de 11kg par an en moyenne…

Le chocolat n’est pas seulement un aliment culturel, c’est aussi un véritable moteur économique. Les exportations de l’or brun représentent plusieurs milliards d’euros chaque année.

De quoi donner le sourire au pays tout entier !

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