Accueil > Histoire : La soupe, nourriture millénaire
 


 

Aujourd'hui, les soupes de marques, apparues au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, puisent leur inspiration dans les recettes de France et du monde entier et figurent, par leur variété, au menu de toutes les tables.

La soupe, dans sa rusticité et sa simplicité, apparaît dès que l'homme trouve le moyen de faire chauffer de l'eau pour y faire cuire des aliments : un trou dans la terre et des pierres ardentes jetées dans l'eau, une peau de bête, un estomac de brebis. On est 500 ans avec Jésus-Christ.

Soupes de graines, de plantes, de viandes

Ces premières "bouillies" sont la base de la nourriture de toutes les civilisations d'Est en Ouest, du Nord au Sud. A Athènes, la soupe de lentilles entretient le moral des troupes ; en  Chine, les paysans se réconfortent de soupes de riz et de fèves. Les Byzantins se régalent de soupes de poissons aux légumes, très relevées et sucrées de miel en abondance. La soupe noire archi-poivrée à base de gibier, de poissons ou de volailles et d'herbes, au miel, à la menthe et au vin a la faveur des Romains.
En Corse, avec les châtaignes blanches séchées, on fait de la soupe au lait de chèvre, épaissie de vermicelles ou de petits macaronis courts, si épaisse que la cuillère tient droite : la "suppa acuchjara ritta" est toujours présente.

Bonne et nourrissante

Au XIIe siècle, la "soupe" désigne la tranche de pain sur laquelle on verse du bouillon brûlant fait de viandes, de légumes ou de vin : on fait alors "tremper la soupe" (du sanscrit, sû et pô : bien nourrir) directement dans les écuelles de bois, de terre cuite ou d'étain.

Bouillon de santé

La médecine du Moyen-Âge qui reconnaît des vertus thérapeutiques à la soupe, prescrit, avant toute autre potion, du bouillon de poule. L'École Médicale de Salerne lui préfère la soupe au vin et Ambroise Paré ordonne à ses patients le bouillon de coq et de jarret de veau.
Nourriture des petits enfants sevrés, repas unique du peuple, brouet de fertilité et reconstituant des nuits de noce des jeunes mariés, la "soupe trempée" s'enrichit avec les plantes du potager moyenâgeux : artichaut, oseille, poireau (avec ses feuilles vertes on prépare la "porée"), fèves, citrouille, pois, chou, oignon, et toutes sortes de verdures pour la plupart redevenues sauvages (arroche, pissenlit, patience, mauve, ortie, chardon…).

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